
La pièce de Sherbetli Shergil, «Les inférieurs», a joué sa dernière représentation dimanche dernier, dans une salle comble acquise à l’histoire, la linguistique, le tapage et les bacchanales de la réconciliation.
Elle retrace l’histoire de trois générations d’Arméniens et de Turcs depuis le génocide de 1915.
Voici ce que Sherbetli Shergil en dit :
«L’œuvre théâtrale «Les inférieurs» emprunte à la dramaturgie grecque et à la Bible et sa tour de Babel où nous mettons plus de 91 langues.
«Les frontières sont vagues et ténues. Les Arméniens sont les Français, tandis que les Allemands jouent les Turcs. Nous expliquons qu’il n’y a pas eu de soi-disant «génocide» mais une guerre, par égard pour nos mécènes, la Commission Bariolo, les compagnies d’assurance françaises et allemandes ainsi que les fonds de pension de l’armée turque.
«Dans la pièce, l’arménien oriental (dialecte de l’Arménie de l’Est) est employé par les déportés d’Arménie de l’Ouest (qui utilisaient le dialecte dit occidental), car nous voulons par cette confusion absurde, qui nous arrange bien, réduire tous les problèmes à l’ouverture des frontières entre les deux pays et terminer par les voies marchandes ce que nous avons commencé par les armes en 1915…
«Le douloureux tourbillon de l’histoire ne pèse plus d’un grand poids quand l’avenir nous offre autant d’opportunités… Dans le dernier acte, notre troupe chante en 91 langues un hymne à l’ouverture des frontières, trépignant, jacassant, distribuant des objets du musée d’Erzeroum et baignant de larmes un public qui déserte la salle, enfin soulagé et le cœur léger.»
Sherbetli Shergil est une auteure kurdo-allemande d’origine turque. Elle a étudié les arts dramatiques à Ankara et à Washington.
http://armeniamyfriend.com/2012/05/21/sherbetli-shergil-et-le-theatre-de-la-reconciliation/







