Intervention militaire en Syrie: solitude turque au Conseil de sécurité, doutes européens et critique de la Chine

Première publication : 17 septembre 2012.

Par le vertueux Shefu

Bernard Kouchner, les medias français et la franturquie ne nous avaient-ils pas promis une suprématie turque dans le Moyen-Orient, un ottomanisme diplomatique et militaire dans une vaste zone où Ankara pèserait sur les décisions? Peut-être les Français n’ont-ils pas encore fait connaissance avec la composition du Conseil de sécurité de l’Onu ? Peut-être oublient-ils la présence d’une base navale russe en Syrie? Sans doute croient-ils que l’expérience du monde qu’ont les Perses et les Chinois fait pâle figure à côté de leur inénarrable Talleyrand-Périgord? L’impatient Ahmet Davutoglu, ce mirmidon orthopédique en culottes rouges qui demandait aux alliés occidentaux : « Combien de temps allons-nous encore attendre pendant qu’une génération entière est emportée par les bombardements et le ciblage de masse délibéré », n’était pas parvenu fin août à convaincre le Conseil de sécurité de l’Onu de créer en Syrie une zone tampon. La Russie et la Chine s’étaient opposées à la proposition turque, suscitant d’erdoganesques imprécations à Yalta, après que les alliés français et britannique d’Ankara eurent fait part de leurs doutes quant à l’efficacité et à la sûreté d’une telle initiative, lourde en logistique militaire. La Turquie prétend craindre un débordement de sa frontière par les réfugiés syriens et souhaiterait contenir la tension en Syrie, par la voie des armes, et en recourant de préférence à celles de ses alliés, Ankara ayant déjà perdu des avions en Syrie. A moins que tout ceci ne fût une nouvelle ruse ankariote, le commencement de la ruse ayant été l’installation dans la province de Hatay d’un camp de réfugiés syriens, au début de la crise. L’intervention militaire OTAN-Turquie contre le PKK se ferait, selon un tel scénario, en même temps qu’éclaterait une frappe contre l’Iran… Cela donnerait lieu à une infernale confusion militaire multilatérale. La remarque du camarade Li Baodong au Conseil de Sécurité est limpide : « les efforts humanitaires ne devraient jamais être militarisés ».

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