Les liens entre la Thomson Corporation, Reuters et les médias d’Azerbaïdjan

Première publication : 17 septembre 2012.

Dans un article paru le 11 septembre 2012 qui traite des risques d’une reprise de la guerre entre l’Arménie de l’Est et l’Azerbaïdjan, les journalistes de l’agence internationale Reuters ont interrogé des diplomates azéris et américains au sujet d’un éventuel conflit entre les deux pays ennemis. L’article, qui reprend, en la diluant quelque peu, la propagande arménophobe de l’État azéri, dresse une liste des destructions et attaques possibles en cas de guerre. Les pipelines Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) et Bakou-Tbilissi-Erzeroum (BTE) qui acheminent respectivement le pétrole et le gaz azéri vers la Turquie, puis vers l’Europe, feraient partie selon Reuters des cibles potentielles. Leur destruction provoquerait au dire des experts « reutersiens » les larmoiements des compagnies pétrolières occidentales implantées dans la région. Ces dernières années, l’agence britannique Reuters, rachetée en 2008 par la compagnie Thomson Corporation, a fait preuve d’une grande sympathie envers le régime autocratique de Bakou, reprenant à son compte la quasi-totalité des énormités véhiculées par le régime de Bakou. Les journalistes de Reuters spécialisés dans la région englobant l’Arménie semblent devoir appliquer une ligne éditoriale dictée par les intérêts pétroliers, désignant l’Azerbaïdjan comme une victime malgré l’immense richesse de ce pays que les compagnies pétrolières, dont Reuters n’est que la modeste affidée, sont parvenues à ériger en quelques années. Le propriétaire de Reuters gère la Thomson Foundation, dont le site internet décrit l’Azerbaïdjan comme un pays à l’économie pétrolière explosive mais à la bureaucratie galopante. La Thomson Foundation révèle son partenariat avec le British Council et la compagnie pétrolière BP Azerbaijan… La Thomson Foundation, qui forme des journalistes dans le monde, prétend que son projet sur l’Azerbaïdjan « a jeté les bases pour un traitement de l’information d’un bien meilleur niveau et une meilleure compréhension des problèmes économiques. » « Un groupe de journalistes représentant l’étendue de l’expérience de la télévision et de la presse écrite d’Azerbaïdjan ont assisté à des ateliers et à des cours ciblés sur les reportages économiques. Mais, annonce-t-elle avec délectation, ce n’est pas tout. » « En travaillant pendant plusieurs mois avec un expert de la Thomson Foundation, plusieurs journalistes ont poursuivi un programme offrant des compétences d’enseignants, afin qu’ils puissent transmettre leur savoir à d’autres journalistes. Le groupe talentueux, poursuit-elle, a aussi achevé des cours sur le journalisme en ligne. » « Le but ultime est de créer une équipe pouvant transmettre des compétences médias à une économie azérie qui se transforme rapidement. » C’est donc par le biais de la Fondation Thomson, liée au propriétaire de l’agence Reuters, qu’une haine anti-arménienne sans mystère est véhiculée à travers la télévision, les articles de presse et les médias en ligne du clan Aliyev d’Azerbaïdjan.

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