Formation du bloc d’opposition Nôrmal Prestige

Conversation entre cadavres politiques sur le point de former le bloc d’opposition Nôrmal Prestige:

« Ah! Te voilà la Pomponnette! Je ne pensais pas te voir de sitôt. Viens ici! Qu’as-tu fait du gros pourboire que je t’ai envoyé? Tu as déjà oublié? Ha! Ha! C’est gentil de venir me donner un coup de main dans mon nouveau bloc d’opposition, Nôrmal Prestige, avec tous les anciens gangsters et criminels du pays, stipiendés par le Kremlin, pour “restaurer l’ordre constitutionnel”… C’est sûr qu’on s’est restaurés comme des cochons entre 1998 et 2018. La restauration, ça n’a pas arrêté… Oh la vache! On a bien saigné le peuple arménien, nôrmal, c’est la fonction des partis bidons. Mais les blocs d’opposition, ça se retape! Avec tous ces Nôrmal qui remontent à la surface, je me dis: allez! un dernier petit bloc d’opposition, avec les escrocs de tout poil. »

Une très bonne recette de votre grand-mère pour l’ouverture de la frontière entre l’Arménie et la Turquie

Première publication : 4 juillet 2014.

Lors du récent conseil du Congrès Républicain Prospère, une étonnante et croustillante recette de cuisine a fait sensation chez les oligarques arméniens, qui se sont empressés de prendre des notes, nôrmal, on ne plaisante pas avec la gastronomie en Arménie.

La recette pour l’ouverture de la frontière (en réalité arméno-arménienne) sans préconditions peut se résumer en cinq étapes :

– Lâchez une pincée d’oligarques d’Erevan en Arménie de l’Ouest pour y chercher cinquante sacs de plantes et de légumes.

– Mélangez le tout avec du poil de loup gris dans une marmite d’huile bouillante.

– Ajoutez-y un kilogramme de pommes de terre et de poivrons, puis faites mijoter le tout pendant une demi-journée jusqu’à ce qu’une croûte se forme à la surface.

– Recouvrez la surface de lait entier, de beurre, puis reversez le contenu de la marmite sur de la terre ferme, puis patientez une journée.

– Faites construire par-dessus une Église en chocolat. Attendez le lever du soleil si vous réussissez à ne pas vomir avant.

La frontière, à peine ouverte le temps de la confection de la recette, se refermera aussitôt.

Le lait produit par les oligarques est-il meilleur?

Première publication : 23 juillet 2012.

Le lait sortant des mamelles des oligarques arméniens est-il de meilleure qualité que le lait des vaches? Un séminaire de la diaspora consacré à l’élevage des vaches dans la vallée d’Ararat n’a pas su répondre à la question qui est sur toutes les lèvres. Récemment, de nouvelles races laitières ont été implantées dans la région pour nourrir la population. Mais une race encore plus prospère que les races habituelles a été nouvellement proposée à des familles de paysans : il s’agit de l’oligarque arménien. Aussi simple à traire qu’une vache de Normandie, plus balourd (1000 kg) et empoté que cette dernière mais à même de nourrir deux douzaines de patriotes (quand on lui assène un bon coup de pied au derrière), l’oligarque arménien produit un lait estimable qui pourrait faire la fierté du pays. D’autant plus que les oligarques en fin de vie, comme toute espèce laitière, sont mis à l’engraissement avant d’être envoyés à l’abattoir. Aussi les Arméniens de la diaspora historique se demandent-ils, entre autres questions, pourquoi en Arménie de l’Est comme en Inde, certains considèrent les oligarques comme des animaux sacrés? Nul besoin de tergiverser. A force de traire les Arméniens du monde entier, les oligarques se sont sentis pousser des mamelles. Une cloche en or pendant à leur cou, les voilà qui paradent dans les villes et salissent les trottoirs de devant le ministère de la Justice, et affichent leur mépris en poussant d’horribles beuglements. Il faudrait les refouler dans des enclos bien gardés et les traire pour de bon, car le peuple crie famine.

L’Arménie sans les oligarques, par Amenintch Nôrmal

Première publication : 26 novembre 2011.

Par Amenintch Nôrmal, ancien Directeur de musée

Pendant que ces messieurs goguenards marchent au pas de l’oie dans la capitale, le pays se vide et s’épluche. D’aucuns prétendront qu’il reste encore des habitants dans la mère-patrie. Oui, il en reste encore, mais moins qu’avant. A l’intérieur, le nombre d’emplois vacants est si bas qu’ils vont s’exiler en Russie, en Europe et en Amérique, à la recherche d’une vie qu’on leur refuse au pays.

Ne sommes-nous donc qu’une bourgade flamande ou qu’un canton suisse? Lors de mes voyages d’affaires, dans chaque avion quittant Erevan, je rencontre une demoiselle qui me dit, avec son sourire narquois : « Je suis prête à tout pour réussir ma carrière, même à quitter mon pays, nôrmal, et ceux qui s’y opposent ne savent pas de quoi ils parlent! » « Allez vivre à notre place », diront-elles aux rescapés de la diaspora. Je vois mal un député, un maire ou n’importe quel oligarque millionnaire d’Arménie orientale dire à un quelconque élément de la diaspora : « Allez vivre à notre place! » Ils te diront plutôt : « Aide-nous à garder notre place! » ou encore : « Ne nous aide pas, reste à ta place! »

L’oligarchie est la racine du mal. Le cumul du chômage et du comportement odieux des puissants et de l’administration ferait même fuir un troupeau d’éléphants. Moi qui me suis frotté à tous les métiers, états et situations, je sais une chose : la prochaine farce électorale fera déborder la coupe…et les urnes. Dans un sursaut populaire, tout sera chamboulé, bringuebalé, revu et corrigé prestissimo, et un jour, dans ce pays, ce sont les oligarques qui prendront la fuite, c’est-à-dire même pas soixante personnes. Cessant d’être protégés, les petits apparatchiks et « administratôrs » deviendront des anges.

Ndlr : un article prémonitoire, Amenintch Nôrmal!