L’Union russe, une daube froide

Vladimir – Enfin, Dimitri! Après tout le mal que je me suis donné pour restaurer l’Union soviétique, on ne va pas faire machine arrière, tout de même! Je t’ai offert un marché intérieur, une plateforme de négociation, des cérémonies, je t’ai même offert ma réélection, et j’apprends que tu ne veux plus faire de l’Union russe le joyau politique dont nous rêvions, nous les Russes. La cinquième roue du carrosse, c’était les autres pays. Nous étions bien d’accord. Alors où est le problème? Briller comme au bon vieux temps des autocrates, créer de l’instabilité chez les voisins, tu n’aimes donc plus ces choses-là? Et les gadgets qui t’ont été offerts pour déstabiliser l’Arménie, tu ne t’en sers donc plus? C’est tout de même une chose scandaleuse de ne pas vouloir restaurer les inégalités géopolitiques!

Dimitri – L’Union russe est une daube froide.

– Ah bon! Et je devrais peut-être appeler cela Union eurasienne?

– Appelle-le Union panturquiste pendant que tu y es.

– Cela étant, on pourrait songer à une nouvelle appellation, Dimitri, pour préciser notre pensée à nos alliés vassaux. Et si je l’appelais « L’Union des alliés soutenus du bout des doigts ». En cas de conflit militaire entre ses membres, l’Union se réservera le droit de ne pas intervenir mais pourra arbitrer le conflit, tout de même!

Les journalistes TV d’Arménie parlent trop lentement

Au Kremlin, Vladimir en roue libre :

« …En voilà une autre, Dimitri! Même avec des masques respiratoires, les journalistes TV d’Arménie parlent à une vitesse extrêmement lente! Qu’est-ce que c’est que ce travail de cochon, Dimitri? Tu ne leur as donc pas expliqué qu’un bon présentateur devait parler à la vitesse éclair? J’ai bien chronométré, Dimitri, c’est à peine 200 kilomètres heure, une vitesse effroyablement insuffisante! Au temps du KGB, la diction atteignait les 300 kilomètres heure, elle frisait même les 500 chez les dames… Nous vivions dans un monde hostile et revanchard, en somme le paradis absolu pour nous. Hélas! les temps ont changé, et nos relations avec la gente journalistique ont viré à la catastrophe. Dimitri, envoie donc cet avertissement à toutes les chaînes de télévision d’Arménie : Ne reprenez jamais votre souffle entre deux phrases, accélérez, faites de l’apnée… »

Considérablement vôtre : L’Union eurasienne russo-turque

Première publication : 24 juillet 2014.

Un enregistrement sonore a récemment été retrouvé par la police hongroise, dans un café suspecté d’être proche des milieux néo-nazis. Le sac, de la marque Vuitton, aurait appartenu à un diplomate étranger. La bande audio était en très mauvais état, et la police scientifique n’a pas pu entièrement la reconstituer. Seules quelques bribes de la conversation ont pu être sauvegardées. Les services secrets hongrois ont identifié les voix d’un Russe et d’une Turque.

DÉBUT DE LA PISTE AUDIO

« D’ailleurs…Méditerranée…Considérable ! Considérable ! » s’exclame l’homme à l’accent russe.

« Pouvez-vous…yok yok ? » interroge la femme à l’accent turc.

« Le…navire…les mangeurs de grenouilles…Russie…satisfaisant. »

« Et…les Kurdes…yok…pétrole…retournent leurs vestes… »

« …de…Ukraine…Considérable. »

« Israël…Chypre…Égypte…yok. »

« Prison eurasienne…incarcération…Union eurasienne…intégration… »

FIN DE LA PISTE AUDIO

L’Union eurasienne lance un appel à candidatures: l’Arménie hésite

Première publication : 18 juin 2014.

L’Union eurasienne, traité d’union économique regroupant trois pays de l’ex-Union soviétique, lance un appel à candidatures auprès des pays européens et eurasiens.

Les candidats qui souhaitent entrer dans l’Union eurasienne s’assureront qu’ils n’ont pas de litige territorial en cours et qu’ils ne sont pas d’une taille considérable.

Les futurs membres s’engageront à acheter des produits russes et à remplir leurs réserves nationales de roubles (un milliard de roubles eurasiens pourraient être estimés à un pesos).

La date butoir pour le dépôt des candidatures est confidentielle.

Tous les dossiers reçus après la date limite seront jetés au feu.

La République d’Arménie, qui n’a pas de litiges territoriaux, pas de superficie considérable, conviendrait parfaitement.

La Russie serait rayée de la carte sans l’Arménie, selon Mikhail Leontyev

Première publication : 4 décembre 2012.

« Sans l’Arménie, la Russie serait rayée de la carte. Sans l’Arménie, la civilisation russe serait un mensonge » a bredouillé le journaliste Mikhail Leontyev, qui en était alors à sa quinzième bouteille de vodka. Rappelons que la Russie n’existe sur la carte que depuis le IXème siècle, tandis que l’Arménie remonte à quelques milliers d’années plus tôt. Mais cela n’est qu’une évidence bonne pour les livres d’Histoire et de géographie. Sans l’Arménie de l’Est, Moscou ne serait plus qu’une poupée russe ayant la peau sur les os: un fémur à ronger pour tous les carnivores panturquistes prêts à briser le Nord Caucase et islamiser leur grand pays sous-peuplé. Quant à leur alphabet cyrillique, sans les Arméniens, il ne serait qu’un gribouillage rudimentaire, un peu comme si Mesrob Machdots n’avait pas fait l’honneur aux Géorgiens de leur accorder son temps pour leur créer un alphabet. On embête souvent les moines pour ce genre de services. Mais ne nous arrêtons pas aux questions d’ordre alphabétique. Sans l’Arménie de l’Est, les Cosaques, montés par leurs chevaux, camperaient dans les locaux de la Société Géographique de Russie, fondée en 1845. Et les bravaches de la géopolitique moscovite n’auraient plus qu’à se tourner les pouces et à se ronger les ongles. Sans l’Arménie de l’Est, la Russie n’aurait plus de moyen diplomatique pour faire perdre un temps considérable aux Américains et aux Européens. C’est à se demander si les Russes n’auraient pas intérêt à se faire baptiser arméniens et adopter l’alphabet de Mesrob Machdots, ainsi qu’à parler la langue arménienne, mère de toutes les puretés, qui perchée sur sa branche unique dans l’arbre des langues indo-européennes, observe le monde avec plus de recul et plus de sonorités. A cet instant précis où les Russes rejoindront la nation arménienne, les choses seront plus claires quant à l’inexpliquable attraction qu’exercent sur leurs jeunes steppes les montagnes millénaires de l’Arménie.

La Russie vient de dévoiler son nouveau projet de repeuplement de ses territoires

Première publication : 25 février 2012.

Menacée d’une réduction de sa population à 107 millions d’âmes d’ici 2050, la Russie, qui concentre une grande partie des richesses mondiales et occupe le plus grand territoire sur Terre, envisagerait de mettre en place un grand chantier de reconstruction démographique. Une experte russe révèle l’existence d’une importante population souche, près d’un million d’êtres, en Arménie orientale, qui serait susceptible d’être réimplantée dans la mère patrie. « La base militaire russe située à Gyumri (Nord de l’Arménie orientale), reliée par d’importantes lignes de chemin de fer aux régions les plus désertées de Russie, servira à acheminer ce million d’Arméniens chez nous. Cet ambitieux projet de recolonisation de nos terres permettra au pays de rattraper en 40 ans son retard démographique et d’éviter la colonisation par nos voisins », précise l’experte. Interrogée sur la viabilité d’un tel projet, notre interlocutrice, levant les yeux au plafond, nous fait une confidence : « Il y a une part d’incertitude dans nos calculs. Nous ne sommes pas certains que la population actuelle en Arménie orientale atteigne un million d’âmes ou même la moitié. Mais nous ne doutons pas que les dirigeants d’Erevan, embarrassés par leurs concitoyens, nous enverront leurs remerciements. »

M. Erdogan: l’adhésion de la Turquie, notre coup de baguette laïque

Première publication : 2 décembre 2011.

Aux chancelleries d’Europe, de Russie et de Chine,

Aux panturquistes,

Aux Grecs endettés,

Aux Kurdes indépendants,

A nos éternels créanciers, les Arméniens,

Moi, Erdogan, grand chancelier concentrateur des pouvoirs, prince réformateur, hucheor de mon empire modéré, je vous soumets mes critères d’adhésion à l’Europe. Les oblasts de Russie feront partie intégrante de l’empire que je souhaite établir jusqu’en Hyperborée, afin d’y faire paître une civilisation AKP jeune-turque modérée, soucieuse de partager son savoir avec ses voisins, le temps de phagocyter ad libitum les autres nationalités qui se trouveront sur notre passage. Les Chinois auront l’obligeance de nous céder le Turkestan pour que nous puissions toucher de nos mains délicates la muraille de Chine. Nos confrères de Liberté pour l’Histoire viendront prendre chez nous leur récompense : un halbran, un hache-paille, des herbes hallucinatoires, des ouvrages clinquants de l’esprit et autres brimborions. Les chattemites cadenassées de Sofia, de Paris, de Prague, de Berlin et de toutes les autres capitales d’Europe devront corvée, taille et excuses pour ne pas avoir consenti à tous nos caprices. La saison turque sera le tombeau du printemps arabe. Ainsi, nous laisserons faire la nature. Lorsque l’occasion se présentera, nous saccagerons à coups de pioches et de tirs d’obus votre patrimoine, et demanderons énergiquement son inscription à l’Unesco, pour avoir la chance, si Dieu le veut, de reconstruire ce que nous avons détruit, de le détruire à nouveau, et continuer ainsi sans jamais nous arrêter. Quand le temps viendra, nous diviserons l’Amérique. D’un coup de baguette laïque, je vous soumets démocratiquement par la présente nos lubies et nos exigences, en espérant ne pas broyer les corps de trop d’innocents.