La Turquie souhaite dialoguer avec les Kurdes emprisonnés

Première publication : 3 décembre 2012.

DISCOURS DU PRESIDENT DE L’APOCALYPSE GOGOGLU EFENDI

Les adieux que j’adresse aujourd’hui aux Kurdes emprisonnés de Turquie, en pleine grève de la faim, ne doivent pas être empreints de la tristesse des départs définitifs. Mes collaborateurs, mes amis et moi-même savons bien que les Kurdes embastillés auront longtemps encore les plus fructueux prolongements. Voilà pourquoi nos adieux demeurent remplis d’espoir. Nos meilleurs écrivains, membres du MHP, du CHP ou de l’AKP, ont écrit sur la cause kurde des ouvrages définitifs. Nos partis politiques, découvrant l’incroyable destinée des Kurdes grèvistes de la faim, ont redoublé d’efforts pour anathémiser tous les autres Kurdes. Quant à notre gouvernement, il a favorisé les Kurdes, en créant de nouvelles prisons, qui remportent aujourd’hui un franc succès, surtout la plus récente que j’ai tant regretté de n’avoir pas pu visiter. J’ai d’ailleurs l’intention de ne point demeurer sur de si cuisants regrets… Excellents Kurdes, vous allez maintenant disparaître. Le Président, ses amis et ses collaborateurs vous le demandent. En partant, vous emportez avec vous notre affection la plus sincère. Dites à l’Europe et aux États-Unis la joie que nous aurons à vous annihiler pour notre cause commune.

Syrie – Iran – PKK: La Turquie et le complot de l’encerclement

Première publication : 17 septembre 2012.

Recep Tayyip Erdogan a rejeté une proposition de règlement du conflit syrien où le régime de Bachar el-Assad négocierait avec les forces de l’opposition. D’après le Premier ministre turc, « L’oppressé ne devrait pas être forcé de s’asseoir à la même table que l’oppresseur pour mener des discussions » (ndlr: cette maxime ne concerne-t-elle pas davantage l’histoire et l’actualité des Arméniens?) Une grande partie de l’opinion en Turquie se braque contre une intervention de leur pays en Syrie. Reconnaissant les limites de l’influence turque au Moyen-Orient, certains à Ankara suggèrent de déplacer la crise hors de la Syrie afin de ne pas être pris au piège de ce qu’ils désignent comme un triangle PKK-Iran-Syrie.

Un sourd-muet victime de la justice turque à Adana

Première publication : 26 juin 2012.

Une Cour d’Adana a condamné un sourd-muet, Mehmet Tahir Ilhan, à 8 ans et 4 mois d’emprisonnement pour propagande en faveur du PKK. Mehmet Tahir Ilhan, qui n’est pas membre du PKK, ainsi qu’Ugur K., sont accusés d’avoir participé le 21 avril 2011 à une manifestation « terroriste » à Mersin en Cilicie, alors que, selon l’avocat de la défense, Tugay Berk, il s’agissait d’un rassemblement en faveur du parti pro-kurde Paix et Démocratie (BDP) qui avait fait l’objet de blocages de ses candidats lors des élections générales de 2011, suite à une décision de la Commission Suprême des Élections. Un procureur spécial de la Cour est allé jusqu’à demander une peine d’emprisonnement de 25 ans pour Mehmet Tahir Ilhan, qui bien qu’étant illettré et communiquant par le langage des signes, fait figure d’ennemi numéro 1 aux yeux de la justice turque. N’est-ce pas plutôt la justice turque qui devrait communiquer par le langage des signes, elle qui fait figure de sourde au royaume des aveugles?

Séjour en prison à Diyarbakir pour un journaliste

Première publication : 26 juin 2012.

Une Cour de Diyarbakir a ajourné au 13 septembre 2012 l’audience du rédacteur du quotidien kurde Hawar, Bedri Adanir, accusé par Ankara d’appartenance au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et emprisonné depuis le 5 janvier 2010. Celui-ci aurait diffusé en 2009 via sa maison d’éditions une compilation de trois volumes de discours du PKK. Le Procureur de Diyarbakir, Adem Özcan, réclame une lourde peine d’emprisonnement pour Bedri Adanir, aux alentours de 50 ans… Si les hôtels de Diyarbakir, accusés de connivence avec le PKK, se transforment en cellules d’incarcération, il n’y aura plus un passager dans la région faute de place.

Manifestations à Van en faveur du maire Bekir Kaya, poursuivi par la justice

Première publication : 26 juin 2012.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé le 16 juin à Van afin de protester contre la décision du ministère de l’Intérieur de démettre de ses fonctions le maire de Van, Bekir Kaya. Ce dernier, du Parti Paix et Démocratie (BDP), est suspecté par les autorités turques de sympathie avec l’Union des Communautés Kurdes (KCK), qui fait l’objet d’une enquête depuis décembre 2009. Bekir Kaya et quatorze autres personnes du parti BDP, dont plusieurs maires de districts, ont été interrogés le 7 juin, puis, pour une partie d’entre eux, arrêtés le 11 juin au motif d’« appartenance à une organisation armée ». Les eurocloportes ne cessent de nous le rappeler, la Turquie « prépare » son intégration en Europe, mais il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir… Le chemin à parcourir s’évalue à plusieurs dizaines de millions d’habitants, qu’Ankara souhaiterait emprisonner…

La révolution jeune-turque de M. Erdogan. Discours devant le Grand Trianon du Château de Versailles

Première publication : 16 novembre 2011.

« De la mer de Marmara jusqu’au détroit du Bosphore, nous, AKP, avons redoublé d’efforts pour transformer notre pays. Et inévitablement, vos critères nous ont mortement fait sentir que nous étions indésirables en Europe! Quelle barbadaie, ces critères de Copenhague! Combien a-t-il fallu payer de scribes endimanchés pour convaincre Gribouille que nous étions un modèle de “laïcité”? Il n’y a pas plus laïc que le soi-disant génocide qui extermina les Arméniens! Et nous serons prêts à clamer en 2015: “La Turquie reconnaît le soi-disant génocide laïc des Arméniens de 1915.” Depuis que nous les avons mis sous terre, ces “giavours” (infidèles), nous sommes “un modèle en toutes choses” : modération politique, néo-ottomanisme prudent, philanthropie diplomatique, hospitalité ottomane et agilité militaire. Même nos frontières sont un modèle! Si nos tanks franchissent le sud pour mettre un peu d’ordre au Kurdistan irakien, en plein tremblement de terre à Van, ou que nos gendarmes organisent des rafles d’intellectuels à Istanbul, en pleine dette grecque, nous restons une démocratie modérée, une laïcité comme le disent les artistes du roi Pétaud. Pourtant, c’est l’Europe qui, alors que nous étions laïquement sanguinolents, nous a enfantés à Lausanne en 1923. C’est cette chèvre nourricière qui nous a placés sous son égide et nous évita d’être envoyés à la Lanterne par les “chrétiens d’Orient”. Notre laïcité territoriale, mon Cher Watson, a failli être à la portion congrue. Heureusement, nous avions Henry Franklin-Bouillon et Pierre Loti, et honnêtement, nous avons aujourd’hui Bazar Flagellati. Faire la guerre au monde entier, même un panturquiste enromancié renoncerait devant la tâche. Comme les nazis l’ont appris des Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman : “Tout génocide vient à point, à qui sait attendre.” Il faut s’armer de patience, d’abord enseignorir son pays, avant d’enseigner au bouc émissaire les vertus du trépas. A l’époque, il y avait la guerre, aujourd’hui, qu’avons-nous pour détourner l’attention du monde sur notre profonde nature? Un “printemps arabe”, un islam bien tempéré, une laïcité tarte à la crème…? Nos casernes ne manquent pas de manants enrudis. Il ne tient qu’à moi de les lâcher dans vos pâturages pour provoquer un beau bain de sang, à moins que… A moins que vos fonctionnaires politiques ne signent deux ou trois bricoles, un rien, avec nos diplomates, pour protéger nos citoyens contre l’armada kurde, qui n’a pas l’air de vouloir que nous aiguisions nos lames… Il me reste à vous parler des critères d’intégration de la Turquie en Europe. Je ne parle pas des vôtres, mais je parle de nos critères à nous! »

A SUIVRE – ERDOGAN : L’ADHÉSION DE LA TURQUIE, NOTRE COUP DE BAGUETTE LAÏQUE.