Hawksbill Episode 1: Conversation avec le PM turc, M. Erdogan, à propos de la répression en Syrie

Première publication : 11 août 2011.

Le Hawksbill est un hélicoptère de combat supersonique, construit pour mener des opérations militaires top secret aux quatre coins du monde. Son pilote s’appelle Anastase Mohawk, c’est un militaire, et lorsqu’il est en congé, il convoie les grands de ce monde, toutes sortes de personnalités, pour leur agrément. Anastase Mohawk, à ses heures perdues, nous livre la substance de ses conversations avec ses passagers de marque.

Par Anastase Mohawk, pilote du Hawksbill

Le pilote M. Erdogan, après avoir reçu le Prix des Droits de l’Homme d’un dictateur, vous condamnez un autre dictateur, l’accusant de pointer ses armes contre son propre peuple. N’est-ce pas un peu facétieux?

M. Erdogan Si vous faites allusion au prix Kadhafi des droits de l’homme, sachez tout d’abord que ce sera le dernier de l’Histoire, puisqu’il n’y en aura plus après celui qui m’a été remis, étant donné que M. Kadhafi est actuellement dans la même situation face au peuple de Lybie que M. Assad face aux Syriens. Ils doivent tous deux faire face à une très nette opposition de leurs peuples, et ont dû recourir à la violence pour asseoir leur autorité. M. Kadhafi n’a plus le temps d’organiser un jury, sélectionner des nominés et décerner un prix, car cela prend presque autant d’énergie et de semaines qu’envoyer des tanks pilonner un quartier d’habitations. Il n’a plus les mêmes priorités mais cherche à viser dans la bonne direction. M. Assad, avec tout le respect que je lui dois, est un réformateur doué d’une grande patience, mais un peu borné à sa manière. Il lui manque le respect du droit des gens. Or nous avons en Turquie une longue expérience dans l’administration des biens et des gens. Je l’invite donc à venir faire un stage de formation dans l’une de nos universités, et apprendre que la politique est un art, et non une arme.

La Turquie a proposé aux victimes du régime syrien de se réfugier sur le sol turc. Quid des réfugiés syriens de Deir ez-Zor?

Je vais vous répondre simplement. Comme chacun le sait, en 1915, les Arméniens de l’Empire Ottoman (ndlr : prédécesseur de la Turquie) sont partis en croisière, et ne sont jamais revenus chez eux, ou plutôt chez nous. C’est précisément par le désert de Deir ez-Zor que leur petite marche est passée. Quelques-uns ont fini sous terre, le reste est devenu ce que nous appelons la diaspora arménienne. Aujourd’hui, ce désert aride est à nouveau le théâtre d’évènements tragiques dans lesquels des vies syriennes sont en jeu. J’aimerais vous apprendre une très bonne nouvelle. Nos ancêtres ont tellement fait de place en Turquie, jusqu’en 1923, qu’il nous reste plusieurs milliers de km2 pour les victimes du Président Assad. On appelle cela, un échange de population avec intervalle d’un siècle, et escale à Deir ez-Zor.

Mais les réfugiés n’aiment pas faire escale dans un désert.

Nous avons solidement écourté le temps passé à Deir ez-Zor. Depuis 1894, nous nous entrainons avec vigueur. Nos bras sont comme des minarets et nos têtes comme des rotondes.

Vos bras pourraient–ils creuser dans un désert syrien ? On ne sait jamais ce que l’on peut trouver sous le sable.

Il n’y a rien à creuser, juste à faire preuve d’humanité. C’est le rôle d’une démocratie moderne comme la nôtre.

Désactivation du turbo. Sortie du mode furtif. Atterrissage dans la base n°434 dans 5 minutes.

TO BE CONTINUED…

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